Lorsque je suis tombé sur le livre de Michel Desmurget, La Fabrique du crétin numérique, j’ai obtenu les réponses aux questions qui me taraudaient depuis bientôt 10 ans. Pourquoi nos enfants font-ils tant de fautes ? Quel est l’impact de la lecture sur l’orthographe ? Quelle est la responsabilité des écrans dans la chute du niveau en lecture et en écriture ? Un élève de CM2 cumule environ 1 700 heures d’écrans récréatifs par an — soit deux fois le volume annuel de classe. Ce n’est pas une extrapolation alarmiste. C’est une synthèse de plusieurs dizaines d’études scientifiques internationales.
Les écrans ne sont pas le problème. Le déséquilibre, si.
Les chiffres qu’on préfère ne pas regarder
Une année scolaire représente environ 850 heures de classe. Les écrans récréatifs en représentent 1 700. Plus de 4,5 heures par jour, soit un tiers du temps d’éveil. Ce sont des heures qui ne sont pas consacrées à lire, à écrire, à s’ennuyer, à imaginer, à discuter. Le temps est une ressource finie. Ce qu’on donne aux écrans, on ne le donne pas à autre chose.
Ce que les vidéos courtes font au cerveau
Les écrans ne sont pas tous équivalents. Un film ou un jeu de stratégie ne produisent pas les mêmes effets qu’un enchaînement de vidéos de 30 secondes.
Stanislas Dehaene, professeur au Collège de France, est formel : l’attention est le premier pilier de tout apprentissage. Sans attention soutenue, rien ne se mémorise, rien ne s’automatise.
Le problème n’est pas celui du soir où votre enfant regarde des vidéos avant ses devoirs. Le problème est plus profond, plus lent, et presque invisible : un enfant exposé massivement aux contenus ultra-courts ne construit pas la compétence de concentration. Il grandit sans avoir jamais eu à maintenir son attention sur quelque chose de difficile, de long, de silencieux. Cette compétence ne s’enseigne pas. Elle se construit par la pratique répétée. Et si elle ne se construit pas dans l’enfance, elle manquera à l’adolescent, puis à l’adulte.
L’école fait ce qu’elle peut
Je refuse de pointer les enseignants du doigt. Les classes sont plus hétérogènes qu’elles ne l’ont jamais été. Et les missions confiées à l’école ont explosé : inclusion, harcèlement, cyberharcèlement, éducation aux écrans, laïcité, nutrition, hygiène, sécurité routière, permis piéton, permis vélo, environnement, recyclage…
Ce n’est pas un toujours un choix idéologique. Pour la grande majorité des enseignants, c’est une contrainte structurelle devenue habitude de fonctionnement. Faire recopier une leçon entière, imposer un exercice long, dicter un texte et le corriger phrase par phrase — ces pratiques semblent aujourd’hui désuètes, voire irréalistes. Non pas parce qu’elles sont inefficaces. Mais, parce qu’elles ont été progressivement évacuées des classes depuis trente ans, au point que les proposer aujourd’hui paraît extravagant. Ce qui était la norme est devenu l’exception. Ce qui était fondamental est devenu anecdotique.
L’école ne changera pas dans les cinq prochaines années. Le changement de cap qui remettrait l’écriture et les fondamentaux au centre n’est pas dans l’agenda institutionnel. Et quand bien même le serait-il, l’école est un paquebot — une machine immense qui mettrait des années à changer de cap.
C’est aux parents, aux adultes qui le veulent, et qui le peuvent, de prendre le relais.
Ce que vous pouvez faire, concrètement
Quelques habitudes simples, appliquées régulièrement, changent la trajectoire.
Couper le wifi le soir. Pas pour punir — pour libérer du temps.
Pas d’écran dans la chambre la nuit. Le sommeil est le moment où le cerveau consolide ce qu’il a appris dans la journée. Un écran allumé sabote ce travail invisible.
Remettre le livre papier dans la chambre. Pas comme obligation. Comme alternative disponible. Les enfants qui lisent progressent en orthographe et en vocabulaire sans s’en rendre compte.
Vingt minutes d’écriture par jour. Des phrases à recopier, des verbes à conjuguer, une dictée courte et corrigée immédiatement.
Vingt minutes par jour. C’est le pari de Biblius.
Les Cahiers de Biblius proposent une routine d’écriture courte, efficace, ancrée dans des univers qui plaisent aux enfants : dinosaures, mythologie, chevalerie, espace, grandes pages d’histoire.
Vingt minutes par jour, six jours par semaine. Pas pour remplacer l’école. Pour compléter ce qu’elle ne peut plus faire seule.
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